And She is a mother

«You are 41 years old and you have not yet become a mother», says the voice off-camera, before a woman asks, desperately, on camera, «What have I done wrong? 

The video is announcing to the media the «First Greek National Congress of Fertility and Reproductive Autonomy (sic)», organised under the auspices of the President of the Greek Republic. The Congress scientific committee was supposed to comprise renowned gynaecology professors and was to collaborate with the University Department of Gynaecology. Various health professionals were to participate, as well as journalists, mayors, cabinet ministers, and Orthodox patriarchs.

In reality there existed many loopholes in the regulations concerning medically assisted reproduction. Many Greek and foreign women (couples, singles, lesbians, gays, et al.) had and have access to it, if they can afford it. What could have appeared, as a possibility for a woman to gain access to motherhood when and if she wants it, was appropriated by a conservative and religious political discourse buttressed by the support of scientific discourse. The right of women to be mothers – or not – was thus reduced to an obligation to become a mother.  

The announcement of this congress received a lot of media attention, but a protest movement denouncing the underlying ideology quickly spread via social media. Some of the announced participants withdrew, sponsors abandoned the event, and the President of the Greek Republic withdrew her support… To the point that the congress was finally cancelled. Despite which, the temptation persists among those who initiated the congress to demonstrate that The woman exists and that she is a mother!

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Et c’est une mère

« Tu as 41 ans et tu n’es pas encore devenu mère », dit la voix off avant qu’une femme ne demande face caméra et d’un air désespéré : « Qu’ai-je donc fait comme faute ? » 

La vidéo annonce, dans les médias, le « Premier congrès national grec de fertilité et d’autonomie reproductive (sic) » organisé sous l’égide de la présidence de la République grecque. Son comité scientifique en est composé de Professeurs en gynécologie réputés et en collaboration avec le département de gynécologie de l’Université. Divers professionnels de santé y participent ainsi que des journalistes, des Maires, des Ministres mais aussi des Patriarches orthodoxes.

De fait, la réglementation concernant la procréation médicalement assistée présente des failles. Par ailleurs, de nombreuses femmes grecques et étrangères (en couple, célibataires, lesbiennes, gays, etc.) y ont accès – à condition qu’elles en aient les moyens financiers. Ce qui aurait alors pu se présenter comme une possibilité pour une femme d’un accès à la maternité, quand et si elle le veut, se trouve récupéré par un discours politique conservateur et religieux qui trouve, à l’occasion, le soutien du discours scientifique. Le droit des femmes à être mère, ou pas, se trouve dès lors réduit à un impératif de maternité.  

L’annonce de ce congrès a ainsi été très médiatisée, mais un mouvement de protestation qui en dénonçait l’idéologie sous-jacente s’est vite déployé via les réseaux sociaux. Des participants annoncés se sont désistés, des sponsors l’ont abandonné, et la Présidente de la République grecque lui a retiré son soutien… Tant et si bien que le congrès a finalement été annulé. N’empêche, la tentation reste grande de démontrer que La femme existe et que c’est une mère !

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